Avis d’expert CSA | Au secours, mes emails tombent dans un spamtrap !

Publié par Service Communication dans Délivrabilité & Réputation 7 mai 2020 Temps de lecture : 3 min

Qu’est-ce qu’un spamtrap et à quoi sert-il ?

Comme l’explique la Certified Senders Alliance, un spamtrap, ou piège à spam, est une adresse email exploitée par une personne qui n’est pas réelle. Son but ? Trouver les expéditeurs qui envoient des emails indésirables ou ne respectent pas certaines bonnes pratiques. Les spamtraps sont généralement utilisés pour améliorer les filtres anti-spam en identifiant et en bloquant les adresses IP qui sont utilisées dans l‘envoi de ces emails. Il existe 2 principaux types de spamtraps :

  • Le spamtrap « primaire » (ou pristine spamtrap) : l’adresse email d’un pristine spamtrap n’a jamais été utilisée auparavant en tant qu’adresse légitime. Elle est créée dans le seul but d’attraper, de piéger les spammeurs. Ces pièges étant invisibles pour un utilisateur lambda, seule une personne qui utilise un mauvais processus de collecte peut trouver et envoyer des messages à ces adresses. La seule exception pourrait être qu’une personne a mal orthographié sa propre adresse email lors de l’inscription à une newsletter et a saisi par inadvertance exactement la même adresse qu’un spamtrap. Pour éviter cela, la plupart des opérateurs de spamtrap n’utilisent pas de domaines pour leurs pièges contenant des fautes de frappe (comme outlok.com par exemple).
  • Le spamtrap recyclé : contrairement aux spamtraps vierges, l’adresse d’un spamtrap recyclé était la propriété d’une personne réelle. Il peut s’agir du domaine d’une entreprise qui a cessé ses activités, ou d’adresses emails sur des domaines grand public de personnes qui ont supprimé leur compte et libéré l’adresse. Selon le fournisseur de messagerie, une adresse abandonnée par un ancien client sera bloquée pendant au moins 6 à 12 mois avant d’être convertie en spamtrap.

Qui gère les pièges à spam ?

En principe, tout le monde ! Mais dans les faits, ils sont généralement gérés par les postmasters de grandes entreprises ou par des fournisseurs de messagerie gratuits pour améliorer leurs filtres anti-spam et, bien sûr, par des fournisseurs de listes noires. De nombreuses listes noires sont tributaires de pièges à spam. Si plusieurs emails (dans de rares cas, même un seul) provenant de la même adresse IP rencontrent un spamtrap, l’adresse IP est ajoutée à la liste noire.

Comment éviter de tomber dans des spamtraps ?

Les spamtraps dans vos listes de diffusion sont une mauvaise chose. Comment y arrivent-ils en premier lieu ? Les principales raisons sont les suivantes :

  • Collecteurs d’adresses : certains opérateurs de spamtrap publient les adresses sur de simples sites web, forums, etc. pour les exposer à des logiciels dits « harvesters » (moissonneurs). Si l’utilisation de ces programmes peut être légale en soi, l’utilisation des adresses collectées est illégale, du moins dans l’Union européenne, et contiendra très probablement des adresses de spamtrap. N‘utilisez jamais ce type de logiciel !
  • Listes achetées : certains fournisseurs de listes travaillent légalement et proprement, mais ils sont très rares. Si vous voulez être sûr, n’achetez jamais de listes.
  • Listes qui ne sont pas suffisamment propres : c’est un problème surtout avec les spamtraps recyclés. N’envoyez pas d’emails à de vieilles adresses que vous n’avez pas utilisées depuis des années. Nettoyez immédiatement les adresses inactives et maintenez vos listes propres.
  • List poisoning (empoisonnement de la liste) : il peut être accidentel (par exemple, une faute de frappe dans l’inscription) ou intentionnel par quelqu’un qui veut vous nuire en ajoutant des adresses spamtrap connues à votre liste. La solution simple à ce problème est d’utiliser le double opt-in lors de la collecte d’adresses.

Vous avez régulièrement des envois sur des spamtraps, que pouvez-vous faire maintenant ? Essayez d’abord de découvrir ce qui a mal tourné.

Si vous n’avez jamais eu de problèmes et que, du jour au lendemain, vous êtes tombé sur un ou plusieurs spamtraps, jetez un coup d’œil à l’historique de la liste ! Avez-vous envoyé un courriel à une liste qui était inactive pendant un certain temps ? Avez-vous récemment commencé à travailler avec un nouveau prestataire ?

Si rien ne semble suspect de prime abord, prenez contact avec le service délivrabilité de votre prestataire d’envoi email. Soyez prêt à opérer des coupes dans votre base de données pour écarter les populations à risque. Rencontrer à nouveau le même spamtrap est pire que de perdre quelques abonnés.

 

En conclusion, la meilleure et la plus simple façon de traiter les cas de spamtrap est de ne jamais toucher à un spamtrap ! Cela peut sembler ironique, mais la prévention est le meilleur moyen d’éviter de rencontrer des problèmes et de protéger votre réputation. Quelques mesures simples vous aideront à réduire massivement le risque de tomber sur un spamtrap :

  • N’utilisez pas de listes achetées ou d’adresses de logiciels harvester
  • Soignez attentivement vos listes, supprimez les bounces (rejets) et les participants inactifs
  • Utilisez le double opt-in
  • Mettez en place un système captcha sur vos points de collecte
  • Contrôlez les adresses emails pour vérifier les irrégularités lors de l’inscription ou de l‘importation comme : les domaines inexistants, les Mail eXchanger non valables ou manquants, les adresses liées à des rôles comme info@, spam@, root@, webmaster@…
Le mot de l’expert

La Certified Senders Alliance, projet de liste blanche de l’association du commerce électronique eco e.V. en coopération avec l’association allemande du dialogue de marketing (DDV), exige dans ses critères un taux de rebond maximal de 1%. Afin que le traitement des rebonds ne devienne pas un problème, les experts de la CSA vous conseillent également d’utiliser toujours la procédure de double opt-in pour enregistrer de nouveaux destinataires.

Auteur : Certified Senders Alliance

 

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